Lampe à poser double boule
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La lampe joue sur l'asymétrie : deux globes en verre opale, l'un de 12 centimètres, l'autre de 10, posés à des hauteurs différentes sur une même arche.
Rien n'est aligné, et c'est précisément ce qui fait le dessin.
Ce type de composition vient de la sculpture plus que du luminaire.
On retrouve la même idée chez les designers qui traitent la lampe comme un objet à regarder, pas seulement comme une source de lumière.
Allumées, les deux boules éclairent de part et d'autre du pied et créent deux points lumineux doux, plus intéressants qu'une seule grosse source.
Le pied est moulé d'une seule pièce en résine rose mat, en forme d'arche pleine et arrondie.
La matière ne brille pas, ne marque pas les traces de doigts et donne une impression de céramique.
Le rose choisi est un rose poudré, neutre, qui s'accorde avec du bois clair, du beige, du blanc cassé comme avec du vert sauge.
Avec 40 centimètres de haut pour 25 de large, la lampe a la présence d'un objet de décoration : elle se pose sur une console d'entrée, un guéridon ou une commode, et occupe l'espace même éteinte.
Deux ampoules G9 sont incluses.
Une jolie forme ne suffit pas : encore faut-il que la matière accepte de la prendre. Avant de valider un modèle, on le passe en revue avec les ateliers qui vont le fabriquer. Voici comment est née l'une de nos pièces.

Tout part d'une tendance. On suit ce qui circule sur Pinterest, Instagram et les blogs déco, et on repère les styles qui montent. Ici, c'était le naturel : fibres végétales, formes larges, tons chauds. On regarde aussi où la pièce ira vivre, et celle-ci demande de la hauteur ou de la largeur : au-dessus d'une grande table, dans une cage d'escalier, sous un plafond cathédrale.

Le style appelle la fibre végétale, mais toutes ne se valent pas. L'osier casse au cintrage, le jonc de mer reste raide. Le rotin, lui, est une liane de palmier grimpant d'Asie du Sud-Est : trempée, elle devient souple et accepte n'importe quelle courbe, puis se fige en séchant. Sur une pièce de cette envergure, ce rapport entre souplesse au montage et tenue une fois sec décide de tout.

C'est là que beaucoup de belles idées s'arrêtent. Avant d'aller plus loin, on demande à l'atelier ce que la matière autorise vraiment : une envergure pareille, est-ce que le rotin la tient ? La réponse tient à une étape toute simple, le trempage. Les brins passent dans l'eau jusqu'à devenir souples, on peut alors les cintrer sans qu'ils cassent, et ils se figent en séchant. Faisabilité confirmée, on passe au dessin.

Une forme évasée, très ouverte, presque un chapeau, avec des baguettes assez espacées pour que la lumière passe entre elles. Les proportions se dessinent et se redessinent : trop plat, l'abat-jour éblouit, trop creusé, il enferme la lumière. Ensuite une vraie pièce est montée et allumée, et on regarde le motif rayonnant qu'elle projette au plafond.
Une fois le modèle validé, l'atelier lance la série. Les pièces rejoignent l'entrepôt, où les préparateurs de commande les emballent une par une avant de les expédier, pour aller habiller un nouvel intérieur.